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A quel service d'archives s'adresser pour confier ses collectes orales?

Transcription :

CLAIRE : Est-ce qu’il y a des thématiques qui intéressent d’avantage certains centres d’archives que d’autres, je pense à une municipalité…Est-ce qu’elles s’intéressent par exemple à un fonds d’archives familiales, est-ce qu’on doit plutôt s’adresser à des archives municipales pour certaines thématiques ou certaines choses ? Est-ce qu’on va pouvoir aller aux archives départementales pour d’autres thématiques ?

JEAN-PHILIPPE : En fait, à part au niveau national, il n’y a pas d’approche thématique en dehors de l’angle territorial qui va déterminer un plus grand intérêt pour un service d’archives départementales, régionales, intercommunales ou communales. Eux, forcément ils sont dans un registre territorial. Après effectivement certains services d’archives peuvent être plus intéressés par le patrimoine industriel et donc indirectement peut-être, la mémoire ouvrière de telle ou telle corporation, parce que du coup ça enrichi l’histoire du territoire. Mais sinon, c’est plus au niveau national que vous allez avoir des sortes de pôles thématiques, par exemple : les Archives Nationales du monde du travail à Roubaix qui donc sont spécialisées vraiment sur tout ce qui est patrimoine industriel, mémoire industriel, mémoire ouvrière. Vous avez un autre pôle à Aix-en-Provence sur tout ce qui est : Outre-mer et anciennes colonies de la France d’antan (on va dire…). Vous avez comme ça des pôles qui peuvent aussi exister au sein même des archives nationales puisque du coup les archives nationales et notamment leur site parisien et leur site à Pierrefitte-sur-Seine ont des départements en fonction des grands domaines d’action administrative et donc forcément ça peut enrichir aussi les choses. Mais c’est vrai que le premier point d’entrée, ce sont des archives privées (orales, vidéos, etc.) et c’est d’abord sous ce prisme là que le service d’archives va décider d’intégrer ça ou pas dans sa série, qui sera une série plus typologique en fonction du type de document qui permettra d’intégrer ces collectes de témoignages soit dans la série AV qui est la série audio-visuelle et donc où les fonds sonores et les fonds vidéos peuvent être intégrés dans les fonds et collections du service.

CLAIRE : Et des archives privées…pourquoi est-ce qu’il existe des centres d’archives privées ? Quelle est leur vocation ? Comment est-ce qu’elles se créent, ces archives privées ?

JEAN-PHILIPPE : Effectivement, du coup, là je suis resté dans le domaine des services d’archives publics mais effectivement on a aussi des pôles thématiques associatifs privés qui existent généralement au niveau national mais ça peut exister au niveau régional ou local et donc par exemple on a l’association « Rails et histoire »  qui fait un travail de collecte de témoignages mais aussi de documents, d’archives qui peuvent être donnés par les familles qui ont ça dans leur grenier et qui pensent que c’est intéressant pour enrichir le témoignage oral et donc là, « Rails et histoire », forcément c’est surtout des histoires du chemin de fer mais ça peut-être pas simplement que l’histoire des cheminots, ça peut-être aussi l’histoire des gardes-barrière ou de tous les environnements autour du chemin de fer. Vous avez des pôles spécialisés sur, par exemple, le pôle d’archives « jeunesse et éducation populaire  (PAJEP) ou là vous avez forcément ce qui concerne l’éducation populaire…mais vous avez aussi un pôle spécialisé sur l’enfance en difficulté. Donc la Cité des mémoires étudiantes, c’est sur les engagements étudiants…mais vous avez aussi un certain nombre de centres d’archives privés qui sont : soit spécialisés sur un type de mémoire, donc par exemple  Génériques s’intéresse à l’histoire de l’immigration. Vous avez aussi, on va dire, des centres d’archives qui s’intéressent à l’histoire de tel ou tel syndicat, de telle ou telle fédération au sein des syndicats…donc c’est comme ça que se construit un peu tout l’archipel des mémoires collectives.

CLAIRE : Et ce sont souvent des structures associatives ?

JEAN-PHILIPPE : Oui, il y a très peu d’autres types de structures même le montage en scop (Société coopérative et participative) ou en chose comme ça, n’est pas encore très développé.




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